Après une grave blessure qui l'a tenu éloigné des pelouses durant huit mois et une poignée de matches de Premiership avec Arsenal, Abou Diaby débarque en équipe de France. Appelé par Raymond Domenech pour affronter la Lituanie et l'Autriche, le Francilien nage en plein bonheur.
Du cauchemar au rêve. Moins de trois semaines après la frayeur de sa vie et un coup de pied aussi impressionnant que maladroit porté au visage de John Terry (Chelsea) en finale de la Coupe de la Ligue anglaise, Vassiriki Abou Diaby (20 ans) a vécu la plus belle émotion de sa jeune carrière jeudi en apprenant presque par hasard, " en regardant la télévision", qu'il était retenu en équipe de France par Raymond Domenech pour affronter la Lituanie (24 mars) et l'Autriche (28 mars). Un moment d'autant plus mémorable que l'ancien Auxerrois, joueur d'Arsenal depuis le début de l'année 2006, n'a pas été gâte depuis son arrivée en Angleterre.
Au-delà de ce coup de pied qui lui a fait vivre dix minutes en enfer alors que John Terry restait allongé, inanimé sur la pelouse du Millenium Stadium de Cardiff, Abou Diaby a connu des débuts difficiles avec Arsenal. Non pas en raison de ses prestations individuelles qui lui ont valu, excusez du peu, d'être comparé à un illustre prédécesseur en la personne de Patrick Vieira. Mais à cause d'une grave blessure, une fracture de la cheville contractée le 1er mai dernier face à Sunderland et qui avait fait craindre à Arsène Wenger une fin de carrière prématurée. Sur le flanc durant huit bons mois, Diaby a pris son mal en patience. Et a fini par revenir.
"C'est de la folie"
Son retour, le longiligne milieu de terrain (1,88m, 75kg) l'a fait durant dix-sept minutes lors d'une folle soirée de janvier. Une soirée lors de laquelle les jeunes pousses du club londonien étaient allées s'imposer en coupe à Liverpool sur un score de tennis (3-6). Depuis, le Français a disputé deux rencontres de Premiership avec Arsenal. Dont une mercredi à Aston Villa. Une rencontre lors de laquelle Abou Diaby s'est une nouvelle fois mis en évidence en inscrivant un but synonyme de victoire et de podium pour les Gunners. De là à imaginer qu'il serait retenu moins de vingt-quatre heures plus tard avec les Bleus... "Cette convocation, c'est de la folie, c'est une énorme surprise, se réjouit-il. Je ne m'y attendais vraiment pas. J'ai été blessé pendant de longs mois et je n'ai repris qu'il y a peu de temps. Cela arrive très tôt. C'est une immense joie."
Evidemment, l'équipe de France a toujours trotté dans un coin de sa tête. Comme tout jeune footballeur prometteur qui se respecte. Simple question d'ambition. Le fait de côtoyer des internationaux au quotidien n'arrangeant évidemment rien à l'affaire. "J'en avais un peu parlé avant avec Thierry (Henry), avoue Abou Diaby. Mais pour moi, la sélection nationale n'était pas accessible pour l'instant. C'est quand même l'équipe de France !" Appelé dans le groupe des vice-champions du monde, le joueur formé à Auxerre, vainqueur de l'Euro des moins de 19 ans, profite de l'audace de Raymond Domenech et évidemment aussi des blessures de cadres comme un certain Patrick Vieira par exemple.
Samedi prochain en Lituanie, Abou Diaby a peu de chances de jouer et le sait. Le sélectionneur national l'a bien fait comprendre, tout en laissant, en cas de besoin ou d'urgence, la porte ouverte aux petits nouveaux dont Diaby fait partie avec Nasri, Piquionne, Diarra ou encore Benzema. Son heure, Diaby devrait plutôt la connaitre le mercredi suivant face à l'Autriche. Un match amical au Stade de France. Parisien de naissance, il apprécierait un tel baptême. "Je suis vraiment très heureux mais je ne me prends pas la tête et je ne me mets pas de pression particulière. Je vais donner le meilleur de moi-même. C'est un immense honneur d'évoluer avec des joueurs comme Lilian Thuram ou Claude Makelele. Mais je ne serai pas impressionné. Je vais tout faire pour bien me fondre dans le groupe, écouter les conseils de tout le monde et donner le maximum pour que tout se passe bien. Peut-être que j'aurai alors la chance de jouer ne serait-ce que quelques minutes". Et de passer définitivement du cauchemar au rêve.



